samedi 27 septembre 2008

Rentrée du blog

Un peu après la rentrée des classes, rentrée du blog avec une petite nouveauté qui ne se verra qu'au compteur, du moins j'espère: les parents de mes élèves pourront suivre à la semaine les lectures faites à leurs enfants en classe. L'année sera donc plutôt axée sur ma classe.
La première période, allant de la rentrée aux vacances de la Toussaint sera consacrée à la lecture de différentes versions du petit chaperon rouge. Mon objectif est de m'assurer que chaque enfant retrouve dans nos lectures la version qu'il connaît de façon à essayer de la raconter lui-même.
Mon travail consistera ensuite à analyser les premiers récits produits pour leur apprendre à raconter en procédant par étape. Je m'appuierai sur les recherches de Makdissi et Boisclair pour situer chaque élève dans une grille de développement du récit. De cette manière, les apprentissages seront réellement ciblés, en rapport avec les besoins des élèves.
Nous transposerons ensuite nos compétences aux parodies, détournements et autres pastiches du conte de départ. L'année s'ouvrira bien sûr sur d'autres contes et albums.

lundi 23 juin 2008

Pédagogie de la LIJE

Christian Poslaniec publie (Se) Former à la littérature de jeunesse chez Hachette Education.
Première partie: mise en contexte avec un retour sur l'histoire de la LIJE, ses aspects essentiels comme l'image ou le lectorat...
Deuxième partie: la forme, le genre, le ton...
Troisième partie: l'intertexte, le symbole, le personnage... et une réflexion critique sur les pratiques pédagogiques en cours.
Des bibliographies primaire et critique.


Plus de renseignements sur le blog de Bertrand Ferrier (post du 16/06/2008) à la page http://master2.hautetfort.com/colloques_-_formations_-_parutions/.


Avez-vous étudié ce livre? L'utilisez-vous?

vendredi 20 juin 2008

Message post examens

J'ai passé ce mercredi et jeudi les examens de Master 1 LIJE au Mans; voici les sujets:
  • Dissertation #1 - Introduction à la LIJE, j'ai choisi le premier sujet:
Vous choisirez et traiterez un seul des deux sujets suivants. Seront notamment évalués : la qualité des connaissances (précision, variété, emploi judicieux), la pertinence du plan (annonce, cohérence, logique), l’organisation du discours (capacité à problématiser, démontrer et avancer logiquement dans le raisonnement), la clarté du style (simplicité, correction, maîtrise de la grammaire et de l’orthographe) et l’intérêt de la réflexion personnelle.

Sujet 1 :
Dans Mondialisation et littérature de jeunesse (Le Cercle de la librairie, « Bibliothèques », 2008, p. 11), Jean Perrot écrit :
« La dynamique de modernisation ne repose plus sur la seule dualité ‘nous ou les autres’ mais sur celle qui rapproche ‘nous et les autres’. (…) Il n’est pas interdit de penser que, modestement et à sa manière, la littérature pour la jeunesse puisse être partie prenante dans cette entreprise de refondation : n’a-t-elle pas pour but non seulement de divertir, mais aussi de former les futurs citoyens ? »
En vous appuyant sur vos lectures personnelles et sur les connaissances acquises cette année, vous évaluerez la pertinence de ce propos.

Sujet 2 :
Selon Sophie Van der Linden, le « goût pour la lecture ludique » qui « anime les créations d’Olivier Douzou » les place « à l’abri d’une rupture avec le public enfantin. » En effet, « si les adultes trouvent leur mécanisme difficile pour les enfants, c’est peut-être qu’ils ne mesurent pas l’aisance des plus jeunes à décoder le langage visuel et leur passion pour l’élucidation des énigmes», signes d’un « esprit de jeu ou esprit d’enfance » (« Venir au monde », in : Images des livres pour la jeunesse. Lire et analyser, Annick Lorant-Jolly et Sophie Van der Linden, dir., Thierry Magnier / Scéren, 2006, p. 81).
En élargissant la réflexion aux albums voire aux romans d’autres créateurs pour la jeunesse, vous tâcherez de définir ce qu’est une œuvre « difficile pour les enfants », et évaluerez la pertinence de cette notion.
  • Dissertation #2 - Etudes littéraires, un seul sujet proposé:
Dans quelle mesure pensez-vous que Voyage au centre de la terre de Jules Verne présente encore / ne présente plus aucun intérêt pour un jeune lecteur de notre temps?
Vous restez bien entendu, totalement libre de vos opinions. Je vous demande simplement d'appuyer vos dires sur de véritables arguments.

Voilà. Reste le mémoire pour début juillet en vue d'une soutenance en septembre, ça va être dur.

mercredi 19 mars 2008

Parenthèse d'humour en attendant...

Quel est le comble pour une étudiante en littérature?
Être overBOOKée!!!
En attendant l'accalmie, une petite tranche de rigolage sur le site des Têtes à claques...
La Bibliothèque.
A bientôt.

jeudi 31 janvier 2008

Le Textuaire

Au hasard d'un encart publicitaire, j'ai fait la connaissance de l'éditeur Le Textuaire, qui, comme son nom ne l'indique pas, édite des albums sans texte.
Mais comment utiliser un album sans texte en classe?
Une visite sur le site satisfera les consommateurs de fiches toutes prêtes, sans rapport avec la littérature de jeunesse à mon sens. Pour les autres, qui exerceront leur sens esthétique et leur talent de médiateur littéraire, je conseille la lecture de
  • PASA Laurence, RAGANO Serge et FIJALKOW Jacques, Entrer dans l'écrit avec la littérature de jeunesse, Issy-les-Moulineaux, ESF Editeurs, 2006 (particulièrement le chapitre 5);
  • PASA Laurence (coord.) "La littérature de jeunesse: enjeux et usages pédagogiques", Les dossiers des Sciences de l'Education n°15, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 2006 (pages 27 à 37).
Un grand classique à lire absolument pour apprécier un album avec ou sans texte à sa juste valeur :
  • VAN DER LINDEN Sophie, Lire l'album, Le-Puy-en-Velay, L'atelier du poisson soluble, 2006.
fera l'objet d'un prochain post détaillé quand le libraire m'aura livrée...

vendredi 4 janvier 2008

PRADO Miguelanxo, Pierre et le Loup

PRADO Miguelanxo, Pierre et le Loup, une adaptation du conte original de Serge Prokofiev [Pedro y el lobo, 1993], Les Albums Duculot, Bruxelles, Casterman, 1995.


Le texte original intégral tel qu'il est lu par Gérard Philippe :

http://blogs.nathan.fr/stagiaires_iufm/files/2007/08/sequence-pierre-et-le-loup.pdf



Une présentationsynthétique de l'album :


http://www.sceneario.com/bd_6216_pierre_et_le_loup.html



Quelques fiches de préraration :
Des ressources pédagogiques:
http://crdp.ac-besancon.fr/fileadmin/CD70/Fichiers_cd70/ressources_pedagogiques/litterature_jeunesse/albums/pierLoup.PDF



Les autres illustrateurs:



2001 : Eric Battut, Didier Jeunesse


2000 : Macelino Truong, Thierry Magnier


1992 : Erna Voigt, Gallimard Jeunesse


1991 : Nathalie Duroussy, Nathan


1990 : Michèle Levieux, Kids Can Press


1982 : Annie Bonhomme, Nathan



D'une manière générale, ce conte développe les idées de l'obéissance/désobéissance, l'insouciance, la peur et la vanité.



La version de Prado est plus explicitement moralisatrice. Quand le grand-père original demande à Pierre:

"Si un loup sortait de la forêt, que ferais-tu ?"



celui de Prado va dans le détail:

"Crois-tu que le loup gigantesque qui hante cette forêt se souciera de savoir si tu t'es avancé de quelques mètres ou très profondément à l'intérieur?"



Dans la version de Prokofiev, le loup est capturé et montré en "triomphe"; dans celle de Prado, il est tué avant l'exhibition. Prado développe explicitement les conséquences du choix de Pierre de capturer le loup: les chasseurs le tuent, Pierre est triste, ressent l'empathie de son grand-père, mais cède à la vanité face aux louanges des autres. Alors que le grand-père de la version Prokofiev demande:

" Ouais ! Et si Pierre n’avait pas attrapé le loup, que serait-il arrivé ? "



Prado entraîne son lecteur dans la lecture d'images, l'interprétation des regards et les sentiments indirects:

"Pierre comprit que son grand-père partageait toute la douleur qu'il éprouvait lui-même à cet instant précis".



Les conséquences des actes de Pierre sont irréversibles dans la version de Prado. Cela apparaît dès l'emploi du futur simple là où Prokofiev a préféré le conditionnel. D'autre part, Prado aggrave la vanité originelle de Pierre en la maintenant dans sa version malgré l'élément dramatique que constitue la mort du loup.



Bettelheim ne serait-il pas pour le moins dubitatif quant à la valeur psychanalytique de cette version?



Bonus
http://catice.ac-besancon.fr/litterature70/documents/2003_2004/pierre_et_loup_sitapp.doc
http://artic.ac-besancon.fr/litterature70/documents/2002_2003/pierre_et_loup_s.doc