samedi 17 janvier 2009

Michel: le mouton qui n'avait pas de chance de Sylvain VICTOR

Vendredi soir, nous avons lu Michel: le mouton qui n'avait pas de chance.
D'abord, on pense que Michel n'a vraiment pas de chance: il ne peut pas manger les framboises, une clôture l'en empêche, il ne peut pas s'abriter sous un arbre ou patiner sur la mare gelée, tous ses copains y sont déjà, il ne peut pas se réfugier dans la forêt, Ralph, le chien du berger, le rattrape, il perd tous ses copains tout d'un coup, il se retrouve tout seul dans la nuit, il tombe dans une bouse de vache...
Mais est-il vraiment malchanceux? Non, car il a droit à son happy end: il rencontre Brigitte qui aime aussi les framboises et en a justement à partager.
Et à bien y regarder, il a vraiment eu de la chance.
Ce qui nous a frappé Céline (stagiaire petite enfance) et moi, c'est que les enfants ont reçu le livre complètement différemment de nous, adultes. En effet, à chaque étape, ils sont convaincus que Michel n'a vraiment pas de chance alors nous pensons qu'il a eu chaud. Les illustrations racontent en effet une toute autre histoire.
Pour l'interpréter, nous nous livrerons à un petit jeu prochainement: "et si Michel avait mangé les framboises? et s'il était allé sous l'arbre?..." puis "Michel n'a pas de chance parce que... mais il a de la chance parce que..." Nous saurons alors si les enfants pensent toujours qu'il n'a pas de chance ou si finalement, ce à quoi il a échappé dans sa "malchance" leur semble pire.
Et si on mettait les illustrations dans l'autre sens? Le texte devrait changer... de quoi nous occuper pour quelques séances d'écriture.
Nous discuterons aussi sur le point de vue: on ne voit pas toujours tout d'une situation dès le départ, il faut souvent prendre du recul pour en mesurer les tenants et aboutissants.

mardi 13 janvier 2009

Zékéyé et la larme magique de Nathalie DIETERLE


Pour commencer la série des albums du Jury Jeunes Lecteurs 2009, nous avons lu Zékéyé et la larme magique, ce soir.
Après avoir observé la couverture dépliée (première et quatrième face au lecteur), où apparaît le petit héros face à un gigantesque éléphant, nous avons regardé la scène de départ et j'ai lu aux enfants le problème que devait affronter Zékéyé cette fois-ci. Après une courte pause pour reformuler ensemble la situation de départ, j'ai lu toute l'aventure sans montrer les images.
Cela était voulu: une fois la situation de départ bien comprise, la structure en randonnée, les répétitions dans le texte, ne fonctionnent que si on n'interrompt pas le récit pour montrer les images.
Après plusieurs lectures, il nous sera possible de reconstruire la narration en s'appuyant sur des marottes. En plus du plaisir de l'histoire connue, cela entraîne la mémoire et la logique narrative (rencontre des personnages successifs en écho avec le raisonnement de Zékéyé qui fait le point sur ses rencontres à chaque étape). Ce genre de manipulation aide aussi à construire la notion de système des personnages (relations, hiérarchie, rôles).

dimanche 11 janvier 2009

Adèle s'en mêle de Claude PONTI

Vendredi dernier, nous sommes entrés dans l'univers de Claude Ponti en faisant connaissance avec un de ses personnages récurrents: Adèle.
Adèle s'en mêle est un album sans texte. Cet album nous amènera à parler de la littérature (métalangage): le personnage éponyme entre en effet dans le livre et vient chambouler ce petit monde fictif. Mais alors, qu'est-ce qui est vrai, qu'est-ce qui est inventé, et quelle est donc la place du lecteur quand il peut assister à l'entrée du personnage dans le livre: mise en abime, double jeu troublant?
Les notions de merveilleux et de fantastiques ont été énoncées. Chaque élève doit maintenant explorer individuellement cet ouvrage qui ne se prête pas à la seule découverte collective: le nombre de détails et la profusion de personnages force la multiplication des lectures.

mardi 6 janvier 2009

Au pays des Charavis de Laurence GUILLOT et Gitte SPEE


Aujourd'hui, nous avons lu et parlé de l'album Au pays des Charavis. Il s'agit d'aborder le deuil avec les enfants qui ne savent pas encore reconnaître leurs émotions et encore moins les gérer.
Le petit chat Réglisse a perdu sa Maminette avec il avait des habitudes, surtout le mercredi. Ne comprenant d'abord pas que son départ est définitif, ses amis lui proposent d'aller la chercher. Sans résultat: le pays des Charavis est beaucoup trop loin pour les ailes du papillon, du toucan et de la cygogne. Impuissant, Réglisse se sent triste, n'arrive plus à ronronner, sans compter cette boule dans la gorge.
Mais à force de parler de sa Maminette, et de ses sentiments, d'essayer tout seul ou avec ses parents ce qu'il aurait fait avec elle, de réussite en bons souvenirs, Réglisse se rend compte que si Maminette ne reviendra pas du pays des Charavis, elle est toujours dans son coeur et il peut continuer à grandir, même sans elle.

jeudi 18 décembre 2008

Le petit chaperon rouge de Rascal


Ce mardi 16, nous avons eu affaire au Petit chaperon rouge de Rascal, d'après Charles PERRAULT.
J'ai d'abord annoncé aux enfants que j'allais le leur lire, et lorsque j'ai commencé la "lecture", j'ai surjoué l'opération. En effet, impossible pour moi de dire quoi que ce soit, l'album est sans texte. Est-ce à dire qu'il ne s'agit pas de lecture?
Si la lecture n'était que déchiffrage, effectivement, on ne lirait pas un album sans texte (une maîtresse de C.P. qui voudrait apprendre à lire à ses élèves n'utiliserait certainement pas ce livre pour les entraîner à déchiffrer). Par contre, si on entend bien que la lecture est aussi une question de références inter textuelles et de culture littéraire, alors nous avons lu l'album. Quand je dis que j'ai surjoué, c'est que je me suis posé la question du comment. Comment présenter un album sans texte à mes élèves tout en respectant ce moment particulier des apprentissages où l'on apprend la permanence de l'écrit? A grand renfort de roulements d'yeux, j'ai montré que je scrutais l'image puis m'interrogeais, me souvenais, comprenais.
Les enfants ont eu des mimiques similaires en retour, indiquant que l'album leur "parlait" aussi. Ils ont compris qu'il s'agissait du petit chaperon rouge et leurs réactions de comparaison aux versions déjà lues portent principalement sur l'absence de texte.
Extrait éloquent:
Victoire: "Tu nous a même pas lu le livre!"
Marie: "Pourquoi il n'y a plus d'écritures?"
Victoire et Winona: "Si, aux dernières pages, il y a des écritures qui sont pareilles (TOC TOC TOC)."
Jules: "Peut-être que c'est quelqu'un qui est muet."
Marthe: "Ou peut-être quelqu'un qui a oublié d'écrire."
Cléophée: "Les deux sont muets: le petit chaperon rouge et le loup."
Marie et Raphaël: "Peut-être que l'auteur est muet."
Et Marthe de conclure brillamment: "Ou plutôt qu'il n'a pas voulu écrire!"
Conclusion de la séance: un album sans texte est l'œuvre d'un auteur qui n'a pas voulu écrire.
P.S.: Actuellement, la question de l'album sans texte est incontournable dans les travaux de recherches concernant la littérature de jeunesse et cette année encore une étudiante de master du Mans a choisi ce thème pour son mémoire.
Une conclusion toute personnelle et ironique me brûle le clavier: qui a dit qu'en maternelle on dormait et on remplissait ses couches?!

mercredi 17 décembre 2008

Petite méditation pour un mercredi intelligent...


Vos enfants croient-ils au père Noël plus qu'aux sorcières, à la petite souris et aux lutins?
J'affectionne ce genre d'articles qui reviennent comme un marronnier chaque hiver, car en les lisant, je trouve du réconfort dans cette idée que je ne suis pas la seule qu'on montre parfois du doigt (pour comprendre, lire l'article).

vendredi 12 décembre 2008

La planète des Alphas de Claude HUGUENIN et Olivier DUBOIS



Aujourd'hui, nous avons regardé le dessin animé La planète des Alphas. Il s'agit d'une aventure fantastique qui invite l'enfant dans l'univers de la lecture.
Les personnages ont la forme des lettres et font le même son que les lettres. Chacun d'entre eux est drôle et sympathique; les enfants ont beaucoup aimé découvrir leur histoire.

Leurs préférés: mme i, devenue fine à force de manger des frites, avec sa pomme de terre au-dessus de la tête ou la dame d avec son gros derrière. Pour l'instant, nous ne détaillerons pas plus les personnages pour ne pas anticiper la progression de phonologie. Plus tard dans l'année, nous ferons plus ample connaissance avec ces personnages et surtout ce qu'ils représentent.
Pour plus de renseignements: http://www.planete-alphas.net/